Histoire du village

Les origines

Le nom d’Aigrefeuille est mentionné pour la première fois lors de la croisade contre les Albigeois mais il n’y a apparemment pas de « famille d’Aigrefeuille ». En 1342 un certain Guillaume Hunaud de Lanta se voit confier la basse justice de la seigneurie prérogative confirmée par un dénombrement de 1389 qui précise qu’elle est détenue par Bernard Raymond de Lanta. En 1444, la seigneurie appartient à Pierre de Roquette.

Puis l’essentiel de la seigneurie fut détenue par la famille Rigaud du XVe au XVIe siècle. En 1609, Jeanne de Chalvet, veuve de Lauzergie, détient toute la juridiction d’Aigrefeuille devenue consulat depuis 1438.

La seigneurie est achetée en 1610 par Pierre de Caumels, avocat au Parlement de Toulouse ; un siècle plus tard, elle est la propriété de la famille Chambon avant de faire partie du patrimoine des frères pêcheurs de Toulouse en 1741.

Avec le déclin de la culture du pastel dans le Lauragais la communauté villageoise se réduit à quelques agriculteurs jusqu’à la fin du XXe siècle.

Anecdotes du passé

L’Infanterie de Marine en manœuvre à Aigrefeuille avant la Grande Guerre

En septembre 1902 se déroulèrent dans le Midi les grandes manœuvres du Sud. Elles opposaient les 16ème et 17e corps. Elles firent une profonde impression sur la population en raison de leur ampleur.

L’Infanterie de Marine simula ainsi un assaut sur Aigrefeuille. Le Moulin d’Auzielle tenait lieu de quartier général des troupes.

Ces scènes se répèteront en 1909 du 9 au 11 septembre lors des manœuvres du 17e corps sous la direction du Général MICHEL.

Deux noms sur le Monument aux Morts d’Aigrefeuille !

Deux soldats de la Grande Guerre habitants d’Aigrefeuille figurent sur le Monument aux Morts à l’intérieur de l’Église :

CRUZEL Guillaume, Etienne, né le 2 janvier 1881, du 96ème Régiment d’Infanterie, mort pour la France le 15 mars 1915 près de la Ferme de Beauséjour (Marne). Arrivé pour l’offensive sur le front de Champagne fin février 1915, le 96e RI attaque à partir du 5 mars pour la prise de tranchées autour de Beauséjour. Une contre-attaque allemande est déclenchée le 15 mars et le soldat Cruzel trouve la mort avec 27 autres camarades au Ravin des Cuisines.

JOURDA Jean, Pierre, né le 31 mars 1889, du 416e Régiment d’Infanterie, blessé au front et mort pour la France le 30 septembre 1918 à l’hôpital de La Veuve (Marne). Enlevé du front de Lorraine, le 416e RI arrive le 19/09/18 dans la zone Epernay-Chalons pour une offensive le 26/09/18 à l’aube à Saint Hilaire le Grand près de Reims. L’attaque est victorieuse, enfonçant les lignes de 35 km, mais les pertes sont lourdes (100 tués, 170 disparus, 800 blessés sur une période de 3 semaines).

Curieusement ces deux soldats venant du Sud ont trouvé la mort en Champagne à trois ans d’écart mais en deux lieux distants de moins de 30 km !

Aigrefeuille et le XXe siècle

À la fin du XIXe siècle, la belle vallée de la Saune représente la richesse principale du pays par la fertilité de son sol en céréales et fourrage. On cultive sur Aigrefeuille principalement le blé, le maïs et la vigne, et l’élevage du bétail vient en complément.

Les habitations sont totalement disséminées sur le territoire de la commune. Aucune industrie ne s’y crée. La baisse et le vieillissement de la population dans les années 60 entraîne la fermeture de l’école communale en 1979.

L’école a été ré-ouverte en septembre 1990 (inauguration le 8 octobre 1990 par Lionel Jospin, ministre de l’éducation Nationale).

Depuis 1990, Aigrefeuille a vu sa population « exploser » par l’arrivée d’un grand nombre de nouveaux venus originaires de toute la France heureux de trouver le calme de la campagne à quelques km de la métropole toulousaine…

Bâtisses et monuments

Aigrefeuille possède une ancienne Mairie-École classique et une église typique de la région.

L’église paroissiale, dédiée à St Julien avec son clocher-mur à 2 étages, caractéristique de la région, encadré par 2 pinacles surmontés chacun d’une croix de fer. Le premier étage est percé d’une baie campanaire en plein cintre abritant une cloche du XVIe siècle, classée.

Le Monument aux Morts, situé à l’intérieur de l’église, est constitué d’une stèle commémorative en marbre érigée en souvenir des habitants d’Aigrefeuille morts pendant la Première Guerre Mondiale.

La Mairie de construction classique au début XXe, adossée à une école communale.

Par ailleurs, de ses périodes fastes, Aigrefeuille a aussi gardé quelques demeures remarquables :

  • un château de pierres et de briques bâti au XVIIIe siècle à l’emplacement de l’ancien château seigneurial.
  • Les maisons de maître des familles Sipiere, Grailhe et Baric fières et altières dans leur appareil de briques.

Le ``vieux`` Aigrefeuille

Aigrefeuille d'aujourd'hui